Oh les beaux jours Où on assiste, incrédule, à la disparition progressive d'une femme, qui, tout en étant avalée par la terre, parle sans tragédie de la vie telle quelle respire encore. Et c'est avec une légèreté comique. Une grâce grotesque. Avec brio, et désespérément heureuse. La Winnie de « Oh les beaux jours » est sans doute un double féminin de Beckett, son rêve de théâtre. Un corps entravé, contrarié, une parole libre.
Ne racontant qu'elle-même, dévidant des pensées en miettes. Drôle et tragique, Winnie, une marionnette au sommet d'une montagnette, femme-aux-objets au sens propre, qui s'évertue à ponctuer le temps d'une journée d'actes insignifiants et indispensables. Les mots et les silences font une partition musicale qui envoûte. Comme une transe. Joie d'être au monde, ce beau jour-là encore.
27 °
