22 heures, au beau milieu de l’hippodrome d’Hyères. Pas de chevaux en vue, mais environ deux mille festivaliers qui ont accouru pour assister au spectacle de Thomas Dutronc.
La mise en scène est très bien travaillée : petite scénette de situation, façon jeu de cartes au PMU, et Thomas Dutronc qui entre en scène, petit déhanché et costume blanc immaculé… comme un faux air de Claude François.
Le spécialiste du calambour ne tarde pas à sévir. Bon, forcement Hyères, c’est plus facile à placer que les autres dates de sa tournée ( bon courage pour les jeux de mots avec Erbalunga ou Dunkerque…) Et quand il ne chambre pas ses musiciens, Thomas fait mumuse avec sa petite caméra dont l’image est projetée sur une toile derrière les musiciens. C’est tout simple, mais finalement très réussi. Il arrive à réaliser de petits clips en direct avec un certain talent.
Sinon, Thomas Dutronc fait aussi de la musique. Et là encore, il se débrouille pas mal le fiston. On y retrouve bien sûr les créations issues de son album mais aussi quelques belles reprises inattendues… dans son pot "pourri" comme il le définit, on y trouve pêle-mêle : un Billie Jean à la sauce manouche, de la compagnie créole avec "C’est bon pour le moral", et comme par hasard… Alexandrie Alexandra. Quand on disait qu’il y avait du Claude François dans les veines, ça y est, il vient de le faire son coming out.
Plus sérieusement, Thomas Dutronc est aussi très à l’aise à la guitare. S’il a un certain don pour faire le pitre, il en a aussi celui de la gratte, à l’image de son hommage à Django Reinhardt. Génétique ou pas, Thomas Dutronc a une nouvelle fois fait preuve de son talent, et forcement le public en redemande.
Reportage : Jean-Baptiste Fontana