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Reportage : Tété aux Nuits du Château

Pour fêter ses 5 ans d’existence, le Festival des Nuits du Château accueillait Tété : bluesman troubadour aux allures de dandy.

Publié par Jean-Baptiste Fontana le 24/05/2007 - Mis à jour le 02/05/10 18:06
Le Festival des Nuits du Château à Solliès-Pont, c’est avant tout un cadre très particulier : une scène disposée dans le parc dudit château et un éclairage de ses murs de brique du plus bel effet. L’atmosphère est aussitôt créée et les gradins se remplissent, le parc s’anime en attendant la montée sur scène du chanteur Tété, qui sera le châtelain d’un soir.



« Le Sacre des Lemmings et Autres Contes de la Lisière », le titre de son dernier album sonne comme un conte, énigmatique, il faut avoir parcouru le livret pour en apprendre d’avantage.
Un peu comme La fontaine utilisait l’anthropomorphisme pour dépendre les travers de son temps, Tété applique une « grille de lecture » humaine aux comportements de ces petits rongeurs. Vous l’aurez compris, les lemmings ne sont autres que nos pairs ; derrière les balades entraînantes et les rythmes folk se cachent les maux de notre époque.

Une petite mélodie (que tout le monde semble reconnaître) se fait alors entendre. Le public s’approche, calmement, et c’est coiffé d’un chapeau blanc et armé d’une guitare que ce « troubadour de la chanson française » reprend les notes à la volée pour nous chanter «Le fils de Cham », un de ses morceaux phares qui évoque la situation des Noirs dans le monde. Titre d’autant plus notable qu’il est révélateur de la personnalité de Tété et de sa philosophie d’artiste : « Changer le monde / S'il se peut / L'adoucir / A défaut d'en être la lie », voilà à quoi aspire notre conteur d’origine sénégalo-antillaise. Il chante la solitude sur des accords légers et le déracinement avec une valse, on sait maintenant que la lecture de ses chansons est toujours à deux niveaux.

Le cœur du public, déjà assez réceptif, suit avec régal les changements de rythmes. « Emma Stanton », « La Ballade De Oogie Tsuggie », Tété revisite même ses précédents opus. Quelques groupes dans la foule connaissent les paroles par cœur et aiment à le faire savoir, l’ambiance est à la fête.

«Et maintenant la partie « conscience sociale » du concert » : C’est « la relance » et « « A flanc de certitudes » qui sont joués, morceaux qui écorchent avec grâce (« deux pas de deux, en entrechat ») nos politiques et leur « langue de bois ». Plus tard, c’est « A la faveur de l’automne » que le public plébiscitera.

Après une courte pause, Tété reviendra seul sur la scène avec des vers plus intimistes (« Aisé ») : « Comment veux-tu que l'on aime / Quand on ne sait même pas / Comment se prendre soi-même?». Les murs du château se transforment, le temps de la chanson, en nébuleuse. Il finira sa prestation par une reprise de Bob Marley («Redemption Song »). Tété ne boude pas son plaisir et le public est aux anges. Après avoir joué un inédit, il lèvera son chapeau à la foule.


Reportage Remi Barra / photos JB Fontana

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