Chef-d'oeuvre absolu d'Igor Stravinsky, Le Sacre du Printemps possède une saveur musicale animale, viscérale, brutale. Dans la vision d'Angelin Preljocaj, le sacrifice de l'Élue dégage des senteurs très biologiques. Les interprètes sont habités d'une ivresse jubilatoire : celle de corps entraînés pour certains par une bestiale montée du désir, pour d'autres par une tentative d'échapper à leur sort. Niché dans un écrin de verdure, c'est un Sacre puissamment charnel, saisissant et obsédant.
Autre ambiance avec Royaume Uni : Angelin Preljocaj aborde la danse hip hop où il retrouve un peu ce style guerrier, offensif et déterminé. D'un côté, son écriture contemporaine anguleuse attaque l'espace avec voracité ; de l'autre, les énergies hip hop foncent et en font voir de toutes les couleurs au corps. De cette rencontre naît un royaume unissant les genres et les individualités, donnant corps à l'idée même de communauté.

